Le 1er septembre marque chaque année une journée internationale de sensibilisation au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). En 2026, cette sensibilisation prend une dimension particulière : le SOPK change de nom pour devenir le SOMP, syndrome ovarien métabolique polyendocrinien.

Ce changement ne correspond pas à une nouvelle maladie. Il vise au contraire à mieux décrire un syndrome complexe, qui ne concerne pas uniquement les ovaires et dont les conséquences peuvent être hormonales, métaboliques, reproductives et psychologiques.

Du SOPK au SOMP : qu’est-ce qui change ?

Pendant des décennies, le terme syndrome des ovaires polykystiques a laissé penser que la maladie était principalement liée à la présence de kystes sur les ovaires.

Or, il ne s’agit pas réellement de kystes. L’échographie peut montrer de nombreux follicules dont le développement reste inachevé, mais cet aspect n’est ni systématique ni suffisant à lui seul pour établir le diagnostic.

En mai 2026, un consensus international a donc retenu un nouveau nom : Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome (PMOS) en anglais, traduit en français par syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP).

L’objectif est de mieux refléter les différentes dimensions de la maladie plutôt que de concentrer l’attention uniquement sur les ovaires.

Une maladie hormonale et métabolique, pas seulement gynécologique

Le SOMP, anciennement SOPK, est avant tout une maladie endocrinienne chronique. Il peut entraîner un dérèglement de l’ovulation et une production excessive d’androgènes.

Ses manifestations sont très variables d’une femme à l’autre. Elles peuvent notamment comprendre :

  • des règles irrégulières ou absentes,
  • des troubles de l’ovulation et des difficultés à concevoir,
  • une pilosité excessive,
  • de l’acné,
  • une chute de cheveux,
  • des difficultés liées au poids chez certaines femmes,
  • une insulinorésistance et un risque métabolique accru.

Toutes les femmes ne présentent pas l’ensemble de ces signes, et toutes les femmes atteintes d’un SOMP ne sont pas en situation de surpoids ou d’obésité.

C’est précisément l’un des intérêts du nouveau nom : rappeler que cette maladie doit être considérée dans sa globalité.

SOMP, poids et métabolisme : quel lien ?

La dimension métabolique mérite une attention particulière. Chez certaines femmes, le SOMP est associé à une insulinorésistance, c’est-à-dire une diminution de la sensibilité de l’organisme à l’insuline.

À long terme, le syndrome peut également être associé à un risque plus important de développer un diabète de type 2 ou certaines anomalies du bilan lipidique.

Le poids n’est cependant ni la seule cause ni le seul élément à prendre en compte. Lorsqu’un surpoids ou une obésité sont présents, leur prise en charge doit s’intégrer dans un parcours global et personnalisé, en lien avec les autres professionnels impliqués dans le suivi du SOMP.

L’alimentation, l’activité physique, le sommeil, la santé psychologique et, lorsque cela est indiqué, les traitements médicaux peuvent ainsi faire partie de l’accompagnement.

Le changement de nom modifie-t-il le diagnostic et les traitements ?

Non. Le passage du SOPK au SOMP ne signifie pas que les patientes doivent refaire leurs examens ni que leur diagnostic devient caduc.

Le consensus international prévoit une transition progressive vers la nouvelle terminologie. Les recommandations médicales existantes restent applicables : ce sont avant tout le vocabulaire et la manière de comprendre la maladie qui évoluent.

Le diagnostic continue notamment à reposer sur l’analyse du cycle menstruel, des signes d’hyperandrogénie et, lorsque cela est nécessaire, des examens biologiques ou une échographie.

La prise en charge reste individualisée en fonction des symptômes et des objectifs de chaque femme : régulation des cycles, manifestations cutanées, fertilité, santé métabolique, poids ou encore qualité de vie.

Pourquoi ce changement de nom est-il utile pour les patientes ?

Parler de SOMP plutôt que de SOPK permet de sortir d’une représentation parfois trompeuse de la maladie.

Une femme peut présenter ce syndrome sans avoir de véritables « kystes » ovariens. À l’inverse, un aspect multifolliculaire des ovaires à l’échographie ne suffit pas à lui seul à poser le diagnostic.

Le nouveau nom met aussi davantage en lumière les conséquences qui dépassent la sphère gynécologique : métabolisme, hormones, santé reproductive, peau, santé psychologique et risque cardiovasculaire ou métabolique à long terme.

Cette évolution peut ainsi contribuer à une meilleure compréhension du syndrome et à une prise en charge plus globale.

Quand en parler avec un professionnel de santé ?

Des cycles très irréguliers, une absence prolongée de règles, une pilosité excessive, une acné persistante, des difficultés à concevoir ou certaines difficultés métaboliques peuvent conduire à demander un avis médical.

Le diagnostic du SOMP nécessite une évaluation adaptée et ne peut pas être posé à partir d’un seul symptôme ou d’une échographie isolée.

En cas de surpoids ou d’obésité associé au SOMP, une prise en charge spécifique peut également être proposée afin d’évaluer la situation métabolique et les différentes options d’accompagnement.

Mieux connaître le SOMP pour mieux accompagner les patientes

Quelques semaines après la journée mondiale de sensibilisation du 1er septembre, le changement de nom du SOPK constitue une occasion de rappeler que ce syndrome est une maladie chronique complexe et multifactorielle.

Le passage du SOPK au SOMP ne change pas la maladie, mais il change le regard que l’on porte sur elle : une affection qui ne concerne pas uniquement les ovaires, mais qui nécessite une approche globale de la santé hormonale et métabolique.